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Prise en charge de l’hypertension en pharmacie : pourquoi pas ?

L’élargissement de l’activité du pharmacien est une question qui se pose dans de nombreux pays. Plusieurs ont déjà adopté des mesures, comme les Etats-Unis ou encore le Royaume-Unis et très récemment le Québec. Alors pourquoi pas la France ? Surtout que les études nous confortent sur l’impact positif que cela pourrait avoir, notamment sur l’hypertension.

Hypertension pharmacien

L’hypertension, un problème non résolu

L’hypertension artérielle est la maladie chronique la plus fréquente et constitue le premier motif de consultation médicale. On estime à 1 à 1,5 milliard, le nombre de personnes hypertendues dans le monde. En France, ce chiffre est de 15 à 16 millions soit environ 23% de la population. Le problème majeur qui a été mis en évidence durant l’Etude Nationale Nutrition Santé (ENNS) en 2006 est que seulement la moitié des hypertendus traités avaient une pression artérielle normalisée.

Le pharmacien : un rôle à jouer

De nombreuses études se sont penchées sur le rôle que pouvait jouer le pharmacien dans la prise en charge de cette maladie. Grâce à leur disponibilité et leur expertise des traitements, le pharmacien semble en effet un choix idéal pour améliorer la gestion de l’hypertension. Les études ont été menées dans différents pays (Amérique du Nord, Europe, Amérique du Sud, Asie…etc). Elles consistaient à comparer des groupes où il y avait différentes interventions d’un pharmacien et d’autres où il se limitait à son rôle habituel. L’intervention du pharmacien prenait différentes formes : éducation des patients (conseils sur le mode de vie, adhérence au traitement), communication entre professionnels de santé sur les effets indésirables, rencontre entre ces mêmes professionnels et développement d’un plan de traitement, ajustement des doses, changement de médicaments, mesure de la pression artérielle.

Les résultats obtenus à la fin de l’étude sont sans appel : l’intervention du pharmacien a un réel impact sur la pression artérielle et non des moindres avec une baisse significative de la pression artérielle. De plus, lorsque ces interventions ont lieu au moins une fois par mois, elles ont un impact encore plus marqué. Cette diminution de la pression artérielle permettrait de réduire le risque d’AVC (accident vasculaire cérébrale) de 30% et celui d’infarctus du myocarde de 20%. Cependant, on a pu noter qu’il existait une certaine hétérogénéité concernant les effets (très importants à modeste voire sans effet) de ces interventions sur la pression artérielle.

Des mesures à prendre

De nombreuses autorités de santé ont déjà tenu compte de ces résultats et cherchent à promouvoir le rôle du pharmacien dans la prise en charge de cette pathologie. C’est le cas notamment des Etats-Unis (avec le 2012 US Preventive Services Tak Force) mais aussi du Canada (avec le CHEP, Canadian Hypertension Education Program). L’Europe n’est pas en reste puisque les dernières éditions des directives de l’ESH (European Society of Hypertention) et de l’ESC (European Society of Cardiology) ont elles aussi mis en avant l’intervention du pharmacien et l’approche pluridisciplinaire dans la prise en charge de l’hypertension.

Vous sentez-vous prêt à jouer ce nouveau rôle ?

Source : Evidence for pharmacist care in the management of hypertension. Revue des Pharmaciens du Canada. January/February 2015. 148: 1316.

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